• Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée (2007)

     Voyage (et découverte) à travers l'Alpe

    De l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

     Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

    Mont Viso [3841 m]


    Nous quittons Aix pour l'Ubaye, il semblerait que les cieux soit plus clément de ce côté là... Pas de pluie annoncée ; du beau, attention pas du grand beau ; juste un ciel variable et quelques cumulus... L'été n'est apparemment pas encore installé en montagne. Notre destination première était : le Val d'Aoste avec ses glaciers gros comme des meringues ; un petit coin des Alpes qui semblait « paradisiaque »... !


    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée (2007) Ubaye (Acte I)

    C'est avec entrain et enthousiasme que nous joignons Fouillouse ( à tel point que nous avons raté l'embranchement de la route !!!) Fouillouse, petit hameau en fond de vallée ; après plus rien ou presque : les alpages, la montagne et c'est tout ! (j'oubliais quelques randonneurs et grimpeurs pour parfaire le tableau !). Au programme donc le tour des Aiguilles de Chambeyron avec un passage en Italie. Nous nous efforçons de faire nos sac. Lourd, trop lourd (le concept MUL, n'est pas encore ancré en « nous »)... Répartition des vivres de course pour 3 jours sans compter la tente, le réchaud, la popote, le gaz, le change etc..

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

        Vers le lac des Neuf Couleurs (2841 m)

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée J1 : le Refuge de Chambeyron, le lac Premier ou peut être nous bivouaquerons. Les taons  me souhaitent la bienvenue, me voilà avertie, je suis en « terre hostile » ! Tellement « pressées » d'arrivée que nous avons oublié de déjeuner ; « erreur » vite réparée... Nous voilà « planquées » derrière un rocher à l'abri du vent pour casser la croûte (c'est plutôt l'heure du thé... mais nous ne sommes plus à un décalage prêt. Les vacances sans doutes commencent à faire leur effet !). Le ventre bien « rempli » nous voilà reparties à l'assaut des sentes escarpées... à la recherche d'un coin pour la nuit. Nous voilà « flanquées » devant le refuge. Nous poursuivons en quête d'un lieu plus « calme »...  Nos pas nous guident vers notre « refuge » pour la nuit. C'est un désert fait  de roches avec quelques éclats de couleurs : bleu pour les gentianes ; roses pales pour les renoncules des glaciers... des lacs aux formes et aux  couleurs étranges... Les Aiguilles se situe sur notre gauche (je sais, je  devrais dire plutôt : Nord, Est ou Ouest... etc. Mais c'est plus simple !) et le Brec à notre droite ; au fond la Tête de la Frema... au pied de celle ci, le lac des Neufs Couleurs (on cherche encore les 8 premières !!). C'est là que nous choisissons de planter la tente. Là, au milieu de nul part ; au milieu de ce désert de cailloux ; là dans cette nature « hostile et austère » ; là au pied de ce lac qui nous offre son « cœur vert » ; là que quelques névés n'ont pas fini de fondre ; là à 2841 m à l'abri d'un muret de pierres que nous avons élu « domicile » pour la nuit. Le Brec de Chambeyron est la « vedette » du jour... Un bon nombre de photos lui sera consacré. Le froid se fait sentir ; j'oubliais : nous sommes en montagnes, et à seulement 2841 m !

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

          Le lac des Neuf Couleurs depuis le col de la Gipière

    Premier réveil... je cherche un rayon de soleil pour me réchauffer... il faudra marcher un peu et se caler sur un rocher en attendant que celui ci « daigne » baigner de sa lumière la tente perdu au milieu de tous ces chaos de blocs... Au loin les premiers randonneurs font leur apparition ; les premiers signent amicaux aussi. Le réchaud « ronfle » ; l'eau bout... Premier petit déj. Les vacances, tant espérées, commence bien. Nous « démontons » le « camp »... Le premier col de la journée nous fait face. Juste au dessus de nous la Tête de la Frema ; une idée : « et si on y montait ??? » - Euh.. pourquoi pas ! ». nous nous « délestons » de nos sacs lourds, trop lourds... La sente quoique bien marquée reste tout de même quelque peu « escarpée »... le pas léger (enfin presque) nous montons tranquillement ; j'oubliais un instant que j'étais en compagnie d'une « fusée » ! Le sommet, enfin !, le panorama y est superbe. De la haut le Mont Viso nous fait signe ; aujourd'hui il n'est qu'à moitié timide... quelques nuages lui servent de chapeau. Quelques photos plus loin nous voilà de retour près de nos sacs ; ils nous attendaient gentille ment... (qui aurait eu « l'audace » et le « courage » d'embarquer deux « monstres » pareils ! Ils ne sont pas si fous ces « homos randonus » !!!). Nous franchissons dans la plus grande « légalité » la frontière. C'est curieux le paysage ressemble à si méprendre à celui que nous venons de quitter... Au loin on peut apercevoir l’œuvre d'un architecte audacieux : un bivouac (enfin que dis-je : une baraque de tôle bleue... C'est à quelque chose prêt la copie conforme, mais en miniature, du refuge de Chambeyron !) planté là au milieu de nul part. A y regarder de plus près c'est un vrai refuge pour qui veut. Entièrement équipé de tout le confort « moderne ». Nous voilà en Italie ; nous avons franchi le Col de la Gypière ; nous poursuivons notre route en direction du Colle dell Infernetto (tout un poème, surtout lorsque l'on traduit la chose : « Le col de l'enfer »). Nous essayons de glaner ça et là quelques infos sur la « chose » ; notre « topo » nous indique : câbles, passages délicats... En un mot ou presque : « pas grand chose »... Qu'importe... nous finissons par avoir quelques infos de randonneurs. Arrivée devant le « Col de l'enfer »... mini « sourire » ; certes il faut avoir le « pied marin » euh pardon « alpin » mais rien de bien « Infernetto » ! Le coin est, comment dire, un peu « casse figure »... gestion des pieds (voilà... qui est fait)... la main courante, très bien... tient euh... le sol est comment dire « plutôt mou » enfin « vivant » sous les pieds ! Le prochain col que nous devons franchir à l'air coton, raide et plutôt du genre « caillouteux ». Le « pied » a tendance à zipper quelque peu (surtout avec un gros sac !!)... Ce col au nom imprononçable : Colle di Ciaslaras, est un « défi » pour le commun « des randonneurs » !

    Le « T G V » ou plutôt le « R G V » (je traduis : Randonneur à Grande Vitesse) qui se trouve devant moi prend le « large »... et fait un « grand écart » ... « Tiens ??? ». Un troupeau de moutons, un patou ? Chose curieuse car je décide de passer outre car aucun Patou en vue ! Les moutons italiens sont comment dire : « étranges». L'un deux se dresse : « oups, j'ai croisé plus d'une fois des moutons, mais jamais des moutons « géants » !

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la ClaréeA croire qu'ils sont nourris avec des vitamines. Est-ce vraiment des moutons ??? ou bien ont-ils consommés trop « d'hormones de croissance ? ». Étrange tout de même. Je poursuis (avec grand peine, toutefois) mon chemin de « croix »...Le couloir se dresse devant mes yeux... Cela ne va pas être de la « tarte » pour atteindre le Colle di Ciaslaras avec le « bazar » que j'ai sur le dos ! Un couloir quelque peu raide avec des cailloux un peu voir beaucoup indisciplinés, vous coupant la priorité. Une sensation curieuse par endroit on à l'impression que le sol se dérobe (ce n'est pas qu'une impression !!). Le col de l'enfer... je dirais. Interminable ce couloir... Il faut avoir subit une lobotomie ou bien avoir reçu un cailloux sur la tête pour passer dans un endroit pareil ! Je ne saurais jamais combien de temps j'ai mis pour arrivée en haut... mais une chose est sûr je suis « contente » d'y être arrivée. On fait un pas et comment dire on « recule » d'autant ; le « pied » ! RGV est déjà en haut... Je ne suis plus très loin un signe : le vent ! C'est drôle avant d'arrivée à un col il y a toujours du vent... Foutu sentier qui n'en ai pas un ; foutu couloir aux pierres « indomptables » ; foutu couloir ou règne le « chaos » ! Victoire ! Fourbue j'arrive enfin beurk ! « Veni, vidi vinci » comme dirais l'autre ! Un coin au soleil et à l'abri du vent pour casser « la croûte »... au loin le Col de Marinet (plus doux... celui-là !). La descente est aussi cocasse que la montée... (Au fait si un jour vous passez par là évitez de suivre le balisage... suivez plutôt votre instinct enfin je veux dire la trace !!!)...

    La descente quoique « sportive » se fait rapidement... une chose est sûr, un sentier un vrai nous fait signe au loin... Il faut traverser un grand chaos de blocs ; la montagne a du être en colère un jour... elle a déversé « une tonne de roches » et comme à l'accoutume « l'homme » à su donner à cet endroit inhospitalier, impraticable, un aspect plus « humain » plus « praticable » (enfin presque !!) un névé (voire deux) nous voilà au Col de Marinet nous sommes de « retour » en France ! Nous sommes vraiment dans le monde minéral... Un glacier a disparu... seul trace de son existence les stigmates laissés après sa disparition... Nous sommes entourés par, d'un côté la Roche Noire et de l'autre par la Pointe des Cirques ; l'Aiguille de Chillol... au loin le lac du Marinet et la Roche du Marinet... Notre bivouac n'est plus très loin... La journée fut longue mais belle. Au détour du sentier qui mène au lac, une tente : des pêcheurs... Nous décidons de poursuivre. Une idée, et le bivouac de Marinet ? Pourquoi pas... A l'abri derrière une grosse masse rocheuse... le refuge. Plus discret que son homologue italien, il est entièrement fait de pierres sèches.. il se confond parfaitement avec l'environnement qui l'entoure. Une courte visite du lieu... il ne nous inspire guère ; nous opterons pour la tente.

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

     Petit Lac du Marinet

    Deuxième bivouac : Notre bivouac se « dressera » (non sans effort. Il faudra « jouer » les « terrassiers » pour rendre l'endroit "inhospitalier", douillé) Non loin du « petit » lac de Marinet (son grand frère étant un peu plus loin derrière). Nous sommes seuls ou presque. le lieu est verdoyant, frais... Il nous inspirera longuement et se laissera volontiers « photographier »... Notre périple se poursuit. Je passerais les détails sur les rituels du départ... Nous essayerons de profiter des lieux le plus longtemps possible pour poursuivre notre « route ». Le chemin de retour est moins bucolique... Nous poursuivons sur le GR 5. Nous quitterons les sentes escarpées aux cailloux « indisciplinés » pour le bitume de la D25 ! Interminable descente vers le monde des « vivants » ; vers un monde moins « austère » (quoique !) ; vers un monde fait de TV, d'Internet... ou le béton à remplacer la nature. Le panorama fort « sympathique » nous distrait cependant. Mon acolyte prend les devants et décide d'aller récupérer la voiture (sage décision) ; j'attendrais au Pont du Châtelet en compagnie de nos sacs (toujours aussi lourd !). Entre temps nous avons lancé une « balise » pour savoir quel temps il était prévu dans le Val d'Aoste... Le temps semble toujours aussi « mauvais », là haut, dans le « Nord ». Tant pis, ce sera pour une autre fois !

    Nous prenons la direction de Névache... de la vallée de la Clarée et de ses lacs. Direction le col de Vars puis Briançon... Autre lieu autre endroit ; autres lacs ; autres sommets... de beaux bivouacs à venir !!


    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée (2007) Névache

    -Vallée de la Clarée- (Acte II)

    Névache à cheval entre France et Italie... Petit coin de paradis pour randonneur recherchant un peu de fraîcheur !!! Névache ou plutôt la Vallée de la Clarée, ses torrents d'eaux fraîches, ses lacs aux couleurs vives, fenêtre ouverte sur les Écrins... Le coin ne nous est pas inconnu... Déjà exploré, déjà parcouru... Nous posons nos « valises » du côté de Foncouverte : la Haute Vallée. La route continue, loin, plus loin, pour finir au fond d'une vallée verdoyante... avec comme décor la Pointe des Cerces, les Rochilles... Un « plan d'attaque » a été établi. Objectif : le Tour des Cerces en quatre jours. Départ du pont des Moutet en direction du lac des Béraudes et sa couleur « menthe glaciale » et ce au milieu d'une nature dépourvue de toutes végétations ou presque ; les seuls « habitants » des lieux sont les plantes pouvant résister aux « agressions » du temps à la rudesse de l'altitude et du monde minéral.

    Nous préparons nos « petites affaires »... les sacs sont lourds. A deux il est difficile de faire « light » (enfin, à cette époque... nous n'avions pas encore une notion de ce qu'était un MUL) ! Mais l'enthousiasme de nous retrouver « là haut » nous fait penser que nous pourrons y arriver ; que tout est possible ou presque. Nous quittons Foncouverte et son camping... le temps d'une escapade au milieu d'une nature « hostile »... La météo soigneusement étudiée : quelques nuages en perspective... Ainsi « rassurées » nous voilà fin prête pour « conquérir » les sentes escarpées du massif des Cerces. Afin d'assurer notre première journée nous allons chez Giorgio pour « emmagasiner » quelques calories pour « affronter » la rude montée qui mène au lac puis au col des Béraudes ; notre première étape... Nous savons déjà ou nous allons planter la tente pour l'avoir repéré lors de nos périples précédents... Le panorama y est tout simplement « magnifique »... Nous avons « hâte » d'y être. Nous prenons quelques renseignements sur certains passages ; comme par exemple la configuration du terrain au niveau du col des Muandes (pierrier, raideur de la pente, moraine... etc... etc.). L'itinéraire se dessine...

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

     Lac des Béraudes

    Nous voilà sur le « chemin » (un peu raide, trop raide à mon goût) qui nous conduit aux Béraudes. Il est tard... Nous croisons quelques « randonneurs » aux pas léger qui redescendent dans la vallée ; leur journée pleine de souvenirs et pour eux terminée... Quelques politesses plus loin nous voilà au pied du lac des Béraudes... Même si le lieu nous est « familier » nous l'immortalisons... Nous nous bâchons, le vent souffle... quelques nuages au dessus de nos têtes font leur apparitions... ils sont étranges.. Nous poursuivons. La montée au col n'est pas chose aisée... autant dire que le pas « lourd » (non, non nous n'avons pas prit 20 kilos la veille chez Giorgio ; mais nos sac pèsent un certain poids ou un poids certain). Là aussi il faut avoir le «pas» léger !!! Le lac nous fait l'effet d'un « aimant » : sa couleur « enivrante » capte toute notre attention... comme le Brec de Chambeyron les jours précédents... 

     Nous avons besoins de nos « mains » pour franchir un petit passage ; nous « plions » nos précieux bâtons... Le « bonheur », le col est là à porter de « pieds » !!! Nous y voilà... face à nous les Écrins. Nous immortalisons nos « bobines », ravies. La descente est aussi « sportive » que la montée. Le sentier est toujours aussi escarpé ; un passage un peu acrobatique exige de « nous » une certaine gymnastique... Au loin le ciel prend une tournure, comment dire, assez « obscure »... Nous poursuivons toujours sous le soleil (ce n'est pas le grand beau ; quelques nuages sont présents). La pause déjeuner est déjà passée depuis un petit moment... nous saisissons cependant l'instant pour prendre une pause tout en admirant le paysage... Le ciel prend de drôle de couleurs au loin... celui qui se situe au dessus de nos têtes est toujours bleu avec le passage régulier de quelques nuages gris... Serait-ce le mauvais temps qui se prépare... ??? Pour l'heure nous finissons notre encas et poursuivons jusqu'au lac des Crousserocs... lieu idéal pour le bivouac. Face à « lui » le massif des Écrins et ses sommets infranchissable pour le simple randonneur du « dimanche » : le Pelvoux, le Dome... Le ciel est toujours aussi sombre de ce côté là... Autour de nous, enfin au dessus de nos tête le ciel s'assombrit ; l'atmosphère devient étrange ; ce lieu sur lequel nous avons « jeté » notre « dévolu » nous semble maintenant peu approprié pour y planter la tente. Au loin, un bruit, que dis-je un grondement sourd nous interpelle, la montagne vient de perdre une partie « d'elle même » dans un grand fracas On ne saurait dire pourquoi mais le « charme » qui nous avait « conquit » lors de notre premier passage semble « disparaître ». Il règne une ambiance de « fin du monde » . Tout n'est que « chaos »... tous ce qui nous entoure nous semble « froid » et « inhospitalier »... Face à nous le col de la Ponsonnière, étrange une nappe de "brouillasse" fait son apparition sans pour autant avoir envie d'aller plus loin... Stoppée net dans sa progression ; «l'ambiance » s'alourdit ; le ciel a revêtu son beau costume « vert de gris ». Au loin on peut facilement imaginer que le ciel déverse sur les cimes de grands « seaux d'eau »... Que faire ? Demi tour et passer par la « cheminée » qui mène au col et ensuite re-descendre à travers le « grand désert » de schiste argileux des Béraudes ou bien poursuivre et faire le petit tour des Cerces en un temps records avec une charge somme toute « dérisoire » sur le dos ? Nous poursuivrons pas le GR. Cette solution (plus longue certes) nous paraît être plus « sage »... Le ciel s'assombrit un peu plus ; au loin l'orage gronde...  Il est temps de prendre le pas de charge ; de ranger les bâtons ; de sortir la cape de pluie, de protège le sac... Il est temps de prendre ses jambes à son coup  et de « fuir »

    Tout devient plus « dramatique » lorsque le ciel se met en « colère »...

    Essoufflées, étourdies nous voilà enfin de retour ; de retour sous un ciel redevenu plus « doux » mais sommes toute toujours « gris de rage »... La question restera posé longtemps : que fait Météo France ? La météorologie est une science ; « l'homme » a bien du mal parfois à prévoir « l'imprévisible » ! Nul tour des Cerces ; nous prenons le large. Il se fait assez tard. C'est fourbu que nous « débarquons » à Névache. Pour l'heure planter la tente ; se défaire du poids qui pèse toujours sur nos épaules malgré le fait que le sac ne soit pourtant plus là... (Le sac, une seconde peau ? Tellement « lourd » qu'il aura « marqué » nos épaules comme on marque les « bœufs » au fer rouge !). C'est au milieu de campings cars que nous élisons domicile pour la nuit... Nous passons du « chaos naturel » à la « civilisation » ; drôle de contraste... drôle d'ambiance ; nous qui « rêvions » de passer une nuit face aux Écrins, dans un monde fait de silence (seul les cris  de nos voisins « italiens » viendront perturber cette quiétude). Une nuit plus tard... nous voilà confrontées à un dilemme... Que faire ? Ou aller ? Les cieux se décideraient-ils, enfin, à nous laisser prendre un peu de « bon temps » loin de tout ?

     Finalement nous optons pour le Queyras ! Étrange... on a pourtant bien essayé mais nous n'avons pas pu « l'éviter » ! Nous quittons Névache, ses lacs, ses touristes, ses randonneurs, et surtout la pluie... Pour sur, nous y reviendrons... !!


    Queyras (acte III)

    Nous connaissons les lieux pour y êtres venu maint fois... mais on ne saurais l'expliquer ici apparemment on à l'air de s'y plaire...

    Nous posons nos valises chez Didier à Ristolas... Camping situé au fond ou presque de la vallée ; le Guil (paisible pour l'heure) bercera nos nuits... Nous prenons nos « quartiers »... Après notre installations nous décidons que ce soir point de : semoule, ni de céréales... se sera le « Rustic Burger Tradition ». Rien de tel pour retrouver le moral ! Nous finirons notre périple, ici, dans le Queyras... Les cieux ont l'air plus clément.

      Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

     Pain de Sucre

    Une journée de repos... quelques divagations plus tard... Mon acolyte me propose de voir le lever de soleil sur le Pain de Sucre. Tentant... Lever à 3 h 30, départ vers 4 h pour St Véran, l'autre vallée... Nous arrivons au point de départ de cette belle « balade » nocturne aux alentours des 4 h 30... Tout est silence, tout est noir. La nuit nous enveloppe... Il fait plutôt «froid». Un seul sac suffira pour notre petite « escapade ». Munies de nos frontales nous voilà parties ; le « petit Poucet » qui a pour prénom GR sur piquet nous aide bien. Nous ne sommes pas en terre inconnue... mais la nuit tout est différent. Les lumières de nos frontales balayent nos pas et nous guident ; le vent souffle... Nous arrivons au col Vieux, un immense cairn est là ; prévenant... Le Pain de Sucre nous fait face (ou presque) ... Ce géant fragile nous « tend » son « sommet »... Inutile de dire que ce fut une partie de plaisir ; le vent par moment nous fait chanceler ; le froid ralenti notre progression... Nous montons doucement mais sûrement. Il s'agit de faire attention, tout ici se « casse la figure » !!! Il est 5 h 49 quand nous arrivons... Le soleil n'est pas encore là... La lumière du jour fait son apparition doucement mais sûrement... Blotties dans un abri de pierre nous admirons le paysage qui s'offre à nous... C'est magique ! Le soleil rougeoie au loin... Le Viso, l'Asti, le Pic de Caramantran, la Taillante... plus au fond on devine les Écrins. La nature se réveil dans un froid « polaire » et « mordant »... le vent souffle toujours. Sommes nous en été ? Nous prenons le temps de faire quelques photos... La Taillante rencontrera un certain succès ; le Viso aussi... Nous prenons un peu de repos à l'abri du vent non loin du col Vieux... admirant la Taillante, le Pain de Sucre et la nature qui nous entoure... Instant magique... 9 h nous sommes à la voiture.

    Quelques heures de repos... Nous profitons des festivités d'Abriès pour nous distraire... Nous sommes en pleine période de festival de musique...

    La pluie vient nous « distraire » un peu (tient cela faisant longtemps !). Ce jour là le ciel était dans une « colère noire » !!! Vent, pluie... ce n'était pas l'apocalypse mais valait mieux être sous la tente au camping qu'au milieu de nul part ! Nous attendrons sagement une accalmie...

     Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

    Un projet puis un autre. Il va falloir se « distraire » un peu... Une photo m'interpelle sur le topo de rando du Queyras celle du lac du Clôt Sablé... le Viso s'y reflète... une idée... a germé ! Le beau temps fait sa réapparition... Gonflées à bloc, nous préparons les « hostilités »... Voilà nos sacs fin prêt, destination le Lac Lestio ou nous élirons « domicile » (jusqu'à épuisement de nos « vivres » !). Après une montée « aras-cente » nous voilà face au Viso ; il nous montre ses plus beaux atouts du haut de ses 3841 m. Nous plantons la tente là au milieu de « nul part » ou presque. Demain nous montons au lac du Clot Sablé... Nul sentier juste quelques cairns et une vague trace qui se dessine sur les pentes herbeuses...

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

     Petit marmotton 

    En attendant nous sommes parties à la chasse aux marmottons... En effet 4 petits nous défient... ils sont juste en face de nous. Maman marmotte quant à elle est un peu plus loin entrain de faire ses graisses !!! Munies de nos appareils et dans le silence le plus complet, tapies sur le sol (humide et froid ) nous voilà rampant, tel un Sioux, pour débusquer le marmotton voir même pourquoi pas toute la « famille »... Notre patience aura eu du bon... nous aurons fini par « l'avoir » !!! « Un pur moment de délice »... Après nos facéties... nous déployons toute l'énergie restante à faire ronronner le réchaud, à nous restaurer et surtout à admirer « dame nature ». Il ne fait pas très chaud, le soleil qui décline au loin joue à cache cache, le vent souffle... 

     Il est tôt... Un randonneur débusque un chevreuil... nous le croiserons un peu plus loin, il se fera timide (quoique normal, l'homme étant par définition un prédateur). Le lac, ou est donc le lac... Tient par là, non... Nous poursuivons ainsi nos recherche à travers un pierrier ; une trace évidente de la présence d'un lac... rien à l'horizon ; de l'eau qui suinte des rochers... Il doit être très certainement au dessus... Rien... Nous serions nous un peu « égarées »... Nous redescendons... le coin est vraiment trop « pourri » ! (Nous le débusquerons quelques années plus tard... lors d'une de nos nombreuses escapades dans le secteur - vous trouverez en bas de l'article SA photo... Au jour d'aujourd'hui le secteur du Clôt Sablé est interdit, car devenu une réserve

    Nous « démontons » notre « petite maison »... (cela devient une habitude, un rituel presque). Nous décidons de nous alléger (c'est mieux)... pour aller « gambader » dans les alentours... Nous « planquons » le tout dans un gros sac poubelle sous une pile de gros cailloux dans le contre fort d'une barre rocheuse... Nous filons vers le col Valante (Passo di Vallanta 2815 m) peut être aurons nous le courage de monter jusqu'à la Pointe Joane... Peut être. Le col est en vue... le vent souffle (comme d'hab. !) Nous voilà face au Viso... pour une fois il fait grand beau... De la vallée du Po remonte comme à l'accoutumé un « zeste » de nuages qui par timidité n'osent pas franchir la « frontière »... On a l'impression que le Viso se délecte d'un bon « cigare » !!! nous posons nos sacs... c'est là aussi que nous allons rester un petit moment (que dis-je, un long moment) à contempler cet masse rocheuse qui nous fait face et qui au finale nous fascine... (je dirais même plus nous hypnotise !!). Quelques photos ; mais aussi une pause déjeuner et une « sieste » plus tard... nous sommes toujours derrière « notre rocher »... (non, non nous n'avons pas élu domicile ici...)... un bouquetin se délecte juste au dessus de nous... Il est tout seul et pas très farouche mais attention toujours « sauvage »... Nous restons là, un moment à l'observer en espérant qu'il se rapprochera... pour l'immortaliser sur la pellicule (et oui, toujours flanqué de mon bon vieux et antique reflex argentique !). Manqué ! Le sentier commence à ressembler à la « Canebière » !!! (euh... pardon je m'égare). L'animal est un peu farouche... il finira sur les hauteurs loin de l'objectif... ! Nous aurons ce jour là, la chance de croiser au loin un chamois... Il est temps pour nous de redescendre, de récupérer nos affaires et de monter le bivouac...  Je passerais les détails quant à la recherche de notre matériel... Les rochers se ressemblent tous !!!

    Nous voilà confortablement installé, face au Viso... Il veillera sur notre sommeil cette nuit... Une nuit plus calme et moins froide que la précédente... Un réveil plus tardif... le lieu nous a ensorcelé. Tout est plié...

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

     Lac de Porcerioles, en arrière plan le Viso

    Nous partons à la découverte du lac de Porcerioles situé en dessous du « mythique » couloir du Porc (drôle de nom !)... Nous nous dispenserons de prendre le sentier...Mon acolyte opte pour un tout droit ou presque à travers les blocs ; un cheminement qui nous fera gagner du temps... Nous finirons par tomber sur le GR plus haut. Le panorama est superbe ; le Mont Viso est toujours là... dominant toute la vallée du haut de ses 3841 m. Nous voilà au lac de Porcieroles... On peut apercevoir la Punta di Vénezia mais aussi la Punta di Udine ; nous ne voyons qu'une partie du couloir du Porc.. Le lac n'est certes pas très grand mais il est « superbe »... D'ailleurs la « rêverie » finira par me gagner... Nous « immortaliserons » le tout... en espérant un jour y revenir pour y bivouaquer... Il nous faut redescendre vers la « civilisation »... nous emporterons avec nous bon nombres de souvenirs ; de rêveries et d'images.

    Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée


    Lac du Clôt Sablé... 

     Voyage à travers l'Alpe : de l'Ubaye au Queyras, en passant par la Clarée

    Le lac du Clôt Sablé, en toile de fonds le Mont Viso 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :