• Pic de Caramantran ... (enfin presque !)

     Escapade en raquette, au Pic de Caramantran

    [Ce jour là ce sera le Col Saint Véran, à cause du vent]

    Pic de Caramantran


    La pratique de la raquette et de la montagne en hiver requière des connaissances spécifiques, tel que :

    • une connaissance rigoureuse du maniement du DVA (et du kit pelle/sonde)
    • une connaissance des risques liés à l'enneigement,
    • une bonne connaissance du terrain et de choix d'itinéraires (lecture de carte, lecture du terrain, préparation de itinéraire en amont...)
    • une bonne connaissance de la recherche de victime d'avalanche ainsi que les différents points de sécurité (comportement en cas d'avalanche)
    • une bonne connaissance en orientation...
    • une bonne connaissance de la montagne en hiver

     

    En montagne, et  en hiver, les conditions météorologiques peuvent être difficiles : dégradation météorologiques, froid, vent (qui accentue la sensation de froid), brouillard, jour blanc... Adapter sa sortie à SON niveau. Avant de s'engager sur un itinéraire : prendre connaissance de la météo, du BRA (Bulletin de Risque d'Avalanche). S'équiper en conséquence : DVA, pelle et sonde (et savoir s'en servir !) ; vêtements chaud ; boisson chaude ; encas ; portable... Avant de partir, signaler son itinéraire et l'heure approximative de son retour : à un proche ou au gîte/refuge (par exemple), les secours en seront simplifiés en cas de problème. 

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Infos & conseils

    • Autres sources d'informations et de conseils en matière de sécurité en montagne  : MONTAGNE-SECU.COM 

    "Préparer sa sortie", par l'Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches


    Direction le Queyras, plus exactement : Saint Véran, pour ce dernier weekend raquette. Objectif : le Pic de Caramantran et ses 3025 m. Humeur des "troupes" : excellente ! Humeur de la météo : plutôt bonne. Humeur du BRA : 2 ! (mais prudence quand même).

    C'est parti pour deux jours... à travers l'Alpe. 

    Cotation en ski de rando : F/S2 . Orientation : W. [F: Facile. S2 : Pentes assez vastes, même un peu raides (25°), ou itinéraires vallonnés. (Ceci n'est qu'une cotation. Elle définit uniquement la difficulté de l’itinéraire. Elle ne tient pas compte : de la qualité de la neige, du niveau des participants...)]


    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) J 1 : De Saint Véran au refuge de la Blanche : 4 h/550 m d+. Une petite mise en jambe, une étape plutôt simple et sans difficultés techniques particulières.  (plus haut village d'Europe).

    10 h... Saint Véran : après plus de deux heures passées dans la voiture, nous voici enfin "libérés", et ce pour notre plus grand plaisir ! Il fait grand beau ; pas un nuage à l'horizon... C'est la grand "chambardement" : on revisite nos sacs  : le matos de sécurité : pelle, sonde, pharma, piles de rechanges pour le DVA, fonds de sac, talkie-walkie, en cas, pique nique... Tout y est ! On s'équipe comme il se doit, la priorité ici c'est le DVA... :  test à l'allumage : OK ; test du groupe : OK ; test individuel : OK... On le met bien au chaud sous la polaire...  Et c'est parti : raquette à la main (le temps de traverser le village...), sac sur le dos... 

    Il faut tout d'abord quitter Saint Véran, au passage on admirera quelques beaux cadrans solaire, ses maisons à l'architecture typique avec ses fustes, et ses toits en lauze ... et on évitera avec soin les plaques de verglas dissimulées sous une fine pellicule de neige si non c'est le salto garanti ! Pour quitter ce beau village, pas très compliquer il suffit de remonter la "grand" rue, soit environ 1 km, ou l'été la foule armée d'appareil photo en tous genres se presse... 

    Villard, la sortie du village, c'est aussi le début des pistes de fond qui mène au fond du vallon... le vallon de la Blanche. C'est part cette piste - côté piéton, bien évidement - que nous entamons notre marche chaussés pour le coup de nos raquettes.  Cette piste que nous empruntons est en fait une route, l'ancienne route qui menait aux mines de cuivre et de marbre... Nous optons pour cette option à l'aller le retour se fera, lui, par un autre chemin celui-là même qui passe en contre bas, par Chat Marcel ou GR 58 (Tour du Queyras). 

    12 h passé, voilà 2 h que nous cheminons tranquillement... l'air frais, et l'effort ça creuse ! Une petite pause, au soleil, mais à l'abri car un léger petit vent nous glace... Nous sommes pratiquement rendu au bout de la route ; au bout de celle-ci un petit pont de bois, dessous coule la Blanche... La Chapelle de Clausis fait son apparition, tout comme la Tête des Toillies... Une pause photo. 

    Pic de Caramantran

    La Chapelle de Clausis, la piste de fonds prend fin. Nous poursuivons. Le "chemin" est parsemé de piquets rouges qui balisent la fin du parcours... Au bout, tout au bout le Refuge de la Blanche posé là au milieu d'une nature maculée de blanc... 

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !)

    Nous poursuivons à  l'ombre ; il est tard ; il y a un léger petit vent qui fini de nous refroidir... Le refuge, enfin ! On se déleste de notre matos : raquettes, chaussures, DVA... sac à dos. On s'installe...

    Le bonheur : il fait chaud...


     Pic de Caramantran ... (enfin presque !)J 2 : Refuge de la Blanche → Col de Saint Véran / Col de Saint Véran → refuge de la Blanche - refuge de la Blanche → Saint Véran.

    Le vent souffle dehors. Il est tôt, on aurait qu'une envie : se lover dans une bonne couverture, se caler sur un canapé près de la cheminée... Ça donne pas vraiment envie.

    Je fais une tentative, met le nez dehors.... Tous aux abris ! Ça caille "grave", comme dirait l'autre. Le vent souffle, et de fait, fait chuter les températures, la température ressentie, atteins des valeurs négatives. C'est donc en mode "bibendum" que nous allons sortir, affronter le froid mordant et plus que glacial. Nous faisons une tentative, une chose est sûr le sommet se sera pour un autre jour. 

    Des skieurs de randos font de même : peau de phoque, DVA, casque, doudoune, sac... Ils sont aussi bien équipés que nous. Nous nous dirigeons vers le Caramantran eux plutôt vers le Col Blanchet... Eux, comme nous, ne sommes pas découragés par le temps venteux, car malgré tout il y a du soleil... 

    Après les tests d'usage de notre "meilleur ami" le DVA. Nous chaussons nos raquettes, et quittons le refuge. On dirait une échappée de cosmonautes tout droit sortis d'un vaisseau. On est tellement emmitouflé que le vent cherche désespérément à pénétrer le moindre interstice laissé par mégarde à l'air ! Nous progressons, en lacets, c'est mieux, et surtout moins fatiguant. On zig et on zag, ainsi tout doucement ou presque, le vent vient par moment nous bousculer, mais comme celui-ci par un peu dans tous les sens, il ne nous aide guère ! Bref, nous n'en sommes pas encore rendu au "courage, fuyons" ! L'altitude, des 2800 m, est atteins. On fait le point, ce n'est plus tenable, nous sommes à deux pas du col de Saint Véran, et à deux doigts de décoller, aussi. Le vent souffle plus que fort. Nous faisons face à des rafales de plus de 80 km/h... ça fait de jolis photos, certes ; mais ça paralyse aussi. Il est temps donc, de rebrousser chemin, et de redescendre au refuge se mettre à l’abri... et surtout au chaud ! Lors de notre descente, nous apercevons au loin, les skieurs, qui eux aussi, rebroussent chemin... Le vent aura eu raison de nous. Toutefois, le sommet sera "conquis" par les copains, la weekend suivant. La météo, pour le coup, était bien meilleur : ensoleillée (si, si) et surtout sans le moindre souffle de vent ! 

    Le refuge... nous ouvre ses "bras". La chaleur nous saisie. Un pur moment de douceur et de bonheur. On s'installe près de la très grande baie vitrée au soleil. On prend un petit thé, histoire de retrouver un peu de chaleur intérieur. On compte ses doigts - même de pieds ! - : "tout le monde" est là, "tout le monde" va bien. Dehors le vent souffle toujours avec autant de vigueur... Nous, nous sommes là, le nez collé à la vitre, en train d'admirer le paysage, et notamment la Tête des Toillies qui domine. Je fixe le sommet, je balaye du regard le paysage et me remémore de beaux souvenirs, le Tour de la Tête des Toilies, et son bivouac au col de Longet. Sur ce tour, la montée au col de la Noire m'est restée gravée, par deux fois j'y suis montée - car hé oui, par deux fois j'ai réalisé ce joli tour -, et je m'étais fait la réflexion la première fois que jamais je ne remonterais au col de la Noire, raide à souhait !! Mais comment, résister à l'appel des hauteurs, et aux joies du bivouac... 

    Après ce petit intermède de réconfort, il nous faut songer à redescendre vers la civilisation. Nous faisons un point carte. Nous prendrons le chemin des écoliers pour rentrer vers Saint Véran. La veille nous avions emprunter la piste de fonds, aujourd'hui nous passerons, par le fond du vallon - accessoirement le GR 58, Tour du Queyras -. Le départ est donné, après le rituel habituel : contrôle des DVA (et oui, encore, et toujours !), le sac sur le dos, les godasses fixées sur nos raquettes... Bien bâchés... Un au revoir au sympathique gardien de ce beau refuge, et zou, la petite troupe se met en route...

    Nous entamons notre descente, tout d'abord par la piste... Au passage on fait un petit clin d’œil la jolie Chapelle de Clausis ; un dernier regard vers le refuge... Et nous prenons la tangente vers Chat Marcel. La prudence est de mise ici, le secteur juste en dessous de la Chapelle Sainte Elisabeth est réputée avalancheux. Notre BRA à beau être à 2, nous ne quittons pas des yeux ou presque ce qui se situe au-dessus de nous, à droite comme à gauche... Nous récupérons un peu plus loin une piste damée - il ne faut pas oublié qu'ici, c'est un secteur de ski de fond - . Nous poursuivons notre descente... jusqu'à trouver à main droite un petit passage qui mène de l'autre côté du torrent (ce petit passage, correspond sur la carte, au sentier emprunter habituellement l'été, petit passage que j'ai par le passé emprunté en hiver et en raquette)... Il nous faut pour cela traverser un petit pont de bois, bien fatigué, et surtout bien enneigé, faire attention aux trous, afin de ne pas tomber dans l'eau... nos orteils nous en voudraient !! Quelques acrobaties plus tard, nous voilà rendus de l'autre côté, dans une neige dépourvue de toutes traces. Nos "opérons" ici, une belle traversée à travers la forêt tout d'abord, puis à travers les alpages, nos sommes en mode "remontée ascendante", nous devons récupérer un peu d'altitude pour récupérer le sentier principal qui mène à Saint Véran. Une pause... une barre... l'oratoire Sainte Luce est en vu, ce qui signifie que notre tour touche à sa fin...

    Saint Véran... nous voilà rendu.

    Bilan et humeur des troupes après ce beau weekend : humeur "excellente sup..." ; que du beau... malgré le vent et le froid ; encore de beaux souvenirs emmagasinés. Pour sûr on reviendra ! Humeur de la météo un peu fatiguée... 


    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) L’itinéraire par le GR est exposé à de nombreux couloirs avalancheux, notamment au niveau de la chapelle Sainte Elisabeth. Une grande prudence s’impose : consulter avant de partir le BRA - bulletin de risque d'avalanche - et surtout si la piste de fonds : Les Loups est ouverte... On comprendra aisément que si celle-ci est FERMÉE le secteur est alors peu propice. Se renseigner auprès de l'OT ou du refuge


    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Topo

      Zone en rouge : pente > 30° (IGN75)

    Pic de Caramantran

    Pic de Caramantran

    Pic de Caramantran

     


    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Matériel de sécurité, de progression [indispensable]

    • DVA, sonde, pelle à neige (il va de soi, que l'on doit savoir parfaitement utiliser ce type de matériel... !). (Ne pas oublier de vérifier la qualité des piles du DVA avant !) Pour certaines courses, il faut parfois ajouter : un brin de corde, un piolet, et une paire de crampons. Dans le cas présent ce ne fut pas nécessaire.
    • Moyen d'alerte des secours
    • Une paire de raquette à neige [TSL, INOOK...] dotées de : cales de montée, de griffes avant, de crampons (6) ; d'une paire de bâtons (avec rondelle de type "flocon") et de guêtres...
    • Quoi mettre dans le sac à dos, quelques pistes : "Le sac en mode hivernal"

     

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Difficulté, type d'itinéraire

    • Itinéraire alpin.
    • Cotation :
      • Première partie de l'itinéraire : R2 - Randonnée en raquettes : Pentes < 25°. Dans l'ensemble plat ou peu raide. Pentes raides à proximité. Danger d'avalanche. Pas de danger de glissade ou de chute. Exigences : Connaissances de l'évaluation de la situation en matière d'avalanches.
      • Du refuge au col/du col au refuge : R3 : Randonnée exigeante en raquettes : Pente ≥ 30°. Dans l'ensemble peu à modérément raide. Courts passages raides. Danger d'avalanche. Faible danger de glissade, glissades courtes se terminant sans risques. Exigences : Connaissances de l'évaluation de la situation en matière d'avalanches. [Échelle utilisée : Club Alpin Suisse.]

     

      Hébergement


     Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Préparation de l'itinéraire

    Les différents outils pour réaliser sa "course" :

    Et sur : Openrunner.com : calcul de distance, du dénivelé, tracé de l'itinéraire... 

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !)Bulletin montagne

     

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Informations complémentaires 

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Les points importants à étudier, avant :

    • Le risque d'avalanche du secteur 
    • L'isotherme 0°
    • La température (max, mini) pour prévoir l'horaire de la sortie
    • Le vent (facteur aggravant pour la formation de plaques)
    • L'heure des différentes chutes de neige et de la météo pour faire une estimation du manteau neigeux
    • Préparer son itinéraire sur la carte en tenant bien compte des différents critères cités ci-dessus. Se renseigner auprès du gardien du refuge ou acteurs locaux pour connaître les conditions sur le secteur.
    • Lecture des topos

     

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Les points importants à étudier, pendant :

    • Contrôler la quantité de neige fraîche, les nouvelles accumulations 
    • Ce qui est au dessus et en dessous de moi : la partie la plus raide de la pente, le relief :  barre rocheuse, ravin, cuvette...
    • Surveiller l'ensoleillement et la température
    • Envisager une solution de repli.
    • Envisager des mesures de précaution : distance de sécurité, corridor de passage, contournement, lieux d'attente prolongés...
    • Vérifier l'état de fatigue des participants
    • Ne surtout pas hésiter à modifier son parcours, voir même à renoncer, faire demi-tour  ! La montagne sera elle, toujours là !

     

    Pic de Caramantran ... (enfin presque !) Sites Internet

     

    INDICE DU RISQUE STABILITÉ DU MANTEAU NEIGEUX PROBABILITÉ DE DÉCLENCHEMENT
    1 - FAIBLE
    Le manteau neigeux est bien stabilisé dans la plupart des pentes.
    Les déclenchements d'avalanches ne sont en général possibles que par forte surcharge3 sur de très rares pentes raides1. Seules des coulées ou petites avalanches peuvent se produire spontanément.
    2 - LIMITÉ
    Dans quelques pentes2 suffisamment raides, le manteau neigeux n'est que modérément stabilisé.
    Ailleurs, il est bien stabilisé.
    Déclenchements d'avalanches possibles surtout par forte surcharge3et dans quelques pentes généralement décrites dans le bulletin.
    Des départs spontanés d'avalanches de grande ampleur ne sont pas à attendre.
    3 -MARQUÉ
    Dans de nombreuses pentes2 suffisamment raides, le manteau  neigeux n'est que modérément à faiblement stabilisé
    Déclenchements d'avalanches possibles parfois même par faiblesurcharge3 et dans de nombreuses pentes, surtout celles généralement décrites dans le bulletin. Dans certaines situations, quelques départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois assez grosse, sont possibles.
    4 - FORT
    Le manteau neigeux est faiblement stabilisé dans la plupart des pentes2suffisamment raides.
    Déclenchements d'avalanches probables même par faiblesurcharge3 dans de nombreuses pentes suffisamment raides. Dans certaines situations, de nombreux départs spontanés d`avalanches de taille moyenne, et parfois grosse, sont à attendre.
    5 -TRÈS FORT
    L'instabilité du manteau neigeux est généralisée.
    De nombreuses et grosses avalanches se produisant spontanément sont à attendre y compris en terrain peu raide.

    (1) Pentes particulièrement propices aux avalanches en raison de leur déclivité, de la configuration du terrain, de la proximité des crêtes...

    (2) Les caractéristiques de ces pentes sont généralement précisées dans le bulletin: altitude, exposition, topographie... 
    (3) Surcharge indicative : forte (par exemple skieurs groupés) ou faible (par exemple skieur isolé, piéton).

    Le terme déclenchement concerne les avalanches provoquées par surcharge, notamment par le(s) skieur(s).
    Le terme départ spontané concerne les avalanches qui se produisent sans action extérieure.


     


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